MARIE-LOUISE BEUZON (1839-1878) (arrière-grand-mère maternelle d'André Beuzon)

Lieu où elle est née : Paris XII
Lieux où elle a vécu :Paris et Saumur, 49
Son ascendance généalogique
Arborescence et fiche familiales

Sa courte vie fut misérable, chaotique et cruellement marquée par des ruptures familiales, affectives et sociales qui l'ont brisée et tuée dans la fleur de l'âge.

Pour essayer de comprendre comment et pourquoi cette jeune femme de 39 ans, mère célibataire de 6 enfants, a sombré dans une telle déchéance, il faut sans aucun doute tenir compte de la situation politique, économique et sociale de la France au XIXème siècle, remonter le temps de plusieurs générations et évoquer l'histoire de sa famille nivernaise et sa généalogie.

Après avoir minutieusement analysé les documents officiels que nous avons pu recueillir auprès notamment des Archives nationales et départementales, les mots qui nous sont venus peu à peu à l'esprit furent : exclusion et abandon, solitude et désespoir, alcoolisme et mort tragique.

Quand Marie-Louise s'est éteinte, seule, dans d'affreuses souffrances, comme en témoigne son dossier médical comprenant notamment une autopsie, aux médecins de l'Asile angevin qui l'ont questionnée sur sa pauvre vie, elle a seulement évoqué ses "chagrins de famille".

Sur ses six enfants, nés "de père non dénommé", entre 1861 et 1869, soit en l'espace de 8 années de galère, un seul enfant lui a survécu, Philippe-Baptiste BEUZON, mon grand-père, qui lui fut probablement retiré très jeune et qu'elle n'a pas revu avant de mourir, alors qu'il n'avait que 14 ans.

Marie-Louise aurait pu être un personnage d'un roman noir d'Emile Zola.car sa vie misérable ressemble beaucoup à celle de Gervaise Macquart, dans "l'Assommoir", publié en 1877.

Dans l'histoire et la généalogie des ancêtres de Marie-Louise, originaires du petit village nivernais de Courcelles, près de Varzy, on relève des professions prospères très liées à la terre : laboureurs, marchands puis cultivateurs vers la fin du 18ème siècle, et, pour les branches collatérales, vignerons, meuniers, propriétaires-rentiers et même, pour Louis Claude BEUZON, marchand, greffier (très belle signature) et régisseur du château de Bazarne à Chivres, village dépendant de Courcelles, à l'époque où le propriétaire en était le général napoléonien Allix.

Les gens se mariaient entre eux, comme partout, et les BEUZON épousèrent des fils et des filles de laboureurs, de meuniers et de marchands et fondèrent des familles prospères plutôt nombreuses de 4 à 10 enfants. Il faut se rappeler que, sous l'Ancien Régime, les laboureurs étaient, parmi les paysans, ceux qui possédaient au moins un cheval et la terre qu'ils cultivaient. Ils occupaient donc un rang social fort convenable.

Aussi, lorsque les grands-parents de Marie-Louise Beuzon, Noël Dominique , 27 ans, né le 17 octobre 1775 à Courcelles, et Agathe TRUCHOT, 19 ans, née le 22 avril 1783, se prirent pour époux le 24 janvier 1803 dans la propre maison familiale du maire de Villiers-le-Sec, Jean TRUCHOT, homme veuf et père de la future, un contrat de mariage fut-il signé et enregistré en bonne et due forme auprès de Me Fratier, notaire à VARZY. Il garantissait des biens mobiliers et immobiliers hérités des 2 familles de laboureurs-marchands-propriétaires. Selon la "coutume d'Auxerre", chacun apportait la somme de 100 francs et les revenus de ses biens. De plus, Dominique (son prénom usuel), lui-même propriétaire à Bazarne, "douait" sa future d'une somme de 300 francs. Sa signature était plutôt élégante, mais il ne savait ni lire ni écrire.

Ces deux familles jouissaient de l'estime et de la considération des habitants de Villiers-le-Sec puisque Jean TRUCHOT fut maire de ce village à plusieurs reprises, entre l'an II de la République et 1813, date à laquelle il démissionna et choisit son gendre pour le remplacer. En juillet 1815, Dominique, qui avait déjà été maire (1808-1811), fut alors victime d'une sérieuse cabale menée par son adjoint et une partie des villageois pro-royalistes, au moment de la défaite de Waterloo. Finalement, sur décision préfectorale, le maire et l'adjoint furent démis de leurs fonctions fin octobre 1815

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